Assister à Camerimage cette année, c’est participer à un festival de cinéma sans être en mesure de voir tous les films – pour des raisons de restrictions régionales – et qui plus est, un festival dont l’un des sponsors est l’office du tourisme d’une ville dans laquelle personne n’est présent.

Des questions épineuses de droits d’exploitation privent en effet la majorité des confinés du monde entier de voir les films de la sélection officielle, hormis sans doute les courts-métrages et les films d’école. Restent des rencontres en tête-à-tête avec les meilleurs talents du domaine, souriants et accessibles dans leurs cuisines respectives, aux quatre coins de la planète.

Mais qu’à cela ne tienne! L’un des avantages de l’édition 2020 reste celui de zapper les 14 heures de trajet en voiture – ou les 20 heures en avion/train/bus. Sans parler des péages.

Une fois arrivés « sur place », le festival nous accueille dans la reconstitution virtuelle de son Centre de Congrès Jordanki, objet de la fierté de la ville de Torun. Une reconstitution minutieuse… jusque dans ses moindres détails.

Ce Virtual Jordanki vaut vraiment le détour, que ce soit sur smartphone ou sur ordinateur. Ne serait-ce que pour s’émerveiller devant un distributeur virtuel de gel hydro-alcoolique. L’humour polonais est au rendez-vous.

Le Marché (Virtual Market) permet des interactions avec des industries techniques et des médias bien connus. Il nous manquera quand même le poids du sac plastique rempli à ras-bord de catalogues rutilants, qui signale d’habitude une « fin de journée » dans les festivals en chair et en os.

Ironie mise à part, le site dédié au festival à proprement parler est intuitif et les serveurs supportent pour l’instant bien la charge. Une fois accrédité (pour une trentaine d’euros), vous aurez accès à un espace personnel où vous pourrez assister à des tables rondes avec des pointures comme Philippe Rousselot, Lukasz Zal ou Roger Deakins. Parmi des dizaines d’autres.
Cet après-midi, Viggo Mortensen et son chef op Marcel Zyskind ont échangé avec le public lors d’un entretien sensible et généreux sur « Falling« , que Viggo a écrit, produit et réalisé (compte-rendu à suivre).

Bien sûr, il y a encore des petits ratés mais l’équipe en charge de l’animation, de la traduction et des contenus brille par sa réactivité, ce qui était assez inhabituel même dans les Grands Festivals du Monde d’Avant.

La journée n’est pas terminée, mais nous avons déjà flashé sur quelques films, du très léché « The Banker » photographié par Charlotte Bruus Christensen au néo-punk « Under the Turquoise Sky » image d’Ivan Kovac.



« The Banker » de George Nolfi


« Under the Turquoise Sky » de Kentaro

 

VERSION ANGLAISE:

Attending Camerimage this year means taking part in a film festival without being able to see all the films – due to regional restrictions – and what’s more, a festival where one of the sponsors is the tourist office of a town where no one gets to be.

Thorny questions of exploitation rights deprive the majority of the world’s confined population of seeing films in the Official Selection, except probably short films and school films. What remains are face-to-face encounters with the best talents in the field, smiling and accessible in their respective kitchens, dispatched in the four corners of the world.

But don’t let that stop you! One of the advantages of the 2020 edition is that you can skip the 14-hour car journey – or the 20-hour flight/train/bus journey. Not to mention the tolls.

Once we arrive « on the spot », the festival welcomes us to the virtual reconstruction of its Jordanki Congress Centre, the pride and joy of the city of Torun. A meticulous reconstruction… down to the smallest detail.

This Virtual Jordanki is well worth a bit of your time, whether on a smartphone or a computer. If only to marvel at a virtual dispenser of hydro-alcoholic gel. Polish humor is there for all to see.

The Marketplace (Virtual Market) allows interaction with well-known technical industries and media. We will still miss the weight of the plastic bag filled to the brim with glittering catalogs, which usually signals an « end of the day, it’s a wrap » at standard venues.

Irony aside, the festival’s website is intuitive, and the servers are currently carrying the load admirably. Once you have been accredited (for around 30 euros), you will have access to a personal area where you can attend round-table discussions with big names such as George Clooney, Philippe Rousselot, Lukasz Zal, or Roger Deakins. Among dozens of others.
This afternoon, Viggo Mortensen and his Cinematographer Marcel Zyskind interacted with the audience in a sensitive and generous conversation on « Falling« , which Viggo wrote, produced, and directed (special report to follow).

Of course, there are still a few little blunders, but the team in charge of animation, translation, and content shines by its reactivity, which was quite unusual even in the Great Festivals of the World Before.

The day isn’t over yet, but we’ve already spotted a few films, from the very slick « The Banker » photographed by Charlotte Bruus Christensen to the neo-punk « Under the Turquoise Sky » – DoP Ivan Kovac.

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Photo de une: Hannah Gross dans « Falling » de Viggo Mortensen, images signées Marcel Zyskind.